Quelques pixels compassionnels pour tenir compagnie à Hervé dont la Germaine, qui avait été précédée il y a quelques mois de Madeleine, vient de franchir le Léthé. Germaine, la Normande, fan avant l’heure des insecticides et engrais naturels (vous le savez que les coccinelles sont un insecticide naturel?), des frictions à l’ortie, des légumes de son potager et des tisanes, a vécu 97 ans. Madeleine, en bonne Champenoise, préférait boire quelques bulles et manger du chocolat. Elle a vécu 91 ans. Hervé, tout le mal qu’on te souhaite c’est que tu vives aussi vieux que tes grands-mères!

En chemin, on va aussi se rappeler une Madeleine de Vincennes, celle de Bernard, qui buvait du Perrier, nageait toutes les semaines et aimait l’Allemagne, le pays, sa langue et sa littérature.

Le Paradis

des Nifty Women qui aiment le champagne, la littérature allemande et la natation leur est ouvert…

On en profite pour faire un petit clin d’oeil à une Madeleine parisienne, en pleine forme, pianiste toujours active à 95 ans, mère d’Alain, grand-mère de Laurent (qu’on aime bien ici car c’est un très bon architecte) et arrière grand-mère de Jules. Son nom est celui d’un ministre qui avait son Musée imaginaire.

Pour conclure, un poême de Rabîndranâth Tagore (1861-1941), prix Nobel de littérature en 1913, né et mort à Calcutta.

Frère, nul n’est éternel et rien ne dure
Frère, garde ceci dans ton coeur et réjouis-toi

D’autres que nous ont porté l’antique fardeau de la vie
D’autres que nous ont fait le long voyage
Un poète ne peut chanter toujours la même ancienne chanson
La fleur se fane et meurt

Mais celui qui la portait ne doit pas toujours pleurer sur son sort
Frère , garde ceci dans ton coeur et réjouis-toi

Il faut un silence pour tisser une harmonie parfaite
La vie s’évanouit au coucher du soleil
Pour s’anéantir dans les ombres dorées
L’Amour doit quitter ses feux
Pour boire à la coupe de la douleur
Et renaître dans le ciel des larmes
Frère, garde ceci dans ton coeur et réjouis-toi

 

Nous nous hâtons de cueillir nos fleurs
De peur qu’elles ne soient saccagées par le vent qui passe
Ravir un baiser , qui s’évanouirait dans l’attente
Fait bouillir notre sang et briller nos yeux
Notre vie est intense, nos désirs sont aiguisés
Car le temps sonne la cloche de la séparation

Frère, garde ceci dans ton coeur et réjouis-toi

 

La beauté nous est douce
Parce qu’elle danse au même rythme fuyant que notre vie
Le savoir nous est précieux
Parce que jamais nous ne pourrons atteindre à la Science Suprême
Tout est fait et achevé dans l’Eternité.


Mais les fleurs terrestres de l’illusion
Sont gardées éternellement fraîches par la mort
.

 

Frère, garde ceci dans ton coeur, et réjouis-toi .