Il y a deux mystères.
Qui est vraiment Elena Ferrante?
Pourquoi cette série de 4 tomes de L’amie prodigieuse a-t’elle connu un tel succès?
A présent que les livres ont été adaptés en série télé (que je ne verrai pas car je ne suis pas abonnée à la chaine qui la diffuse), on peut être certain que cette série romanesque va entrer dans le panthéon des livres qu’on va continuer à offrir sans se poser la question de leur intérêt.
Plus de 10 millions d’exemplaires vendus….
Je les ai tous lus. Seul le troisième m’a paru intéressant et sincère.
Ce récit d’amitié entre deux petites filles de milieux très pauvres de Naples ne m’a pas enthousiasmée. Les personnages sont superficiels et schématiques, la description des quartiers pauvres de Naples est pleine de clichés – je pourrais écrire la même chose sur ce que j’ai vécu dans mon enfance, quoique pas dans la même ville, ni le même pays – et l’intrigue très convenue : la petite fille (Elena) pas très jolie mais studieuse et son amie (Lila), d’une intelligence supérieure et future beauté, qui lui adresse régulièrement des rebuffades mais qui ne pourra pas quitter son quartier, ni son milieu.
Le 3e tome a ceci d’intéressant qu’il décrit le parcours d’Elena comme écrivain, fiancée puis mariée à un garçon issu d’une famille d’intellectuels. Elle se sent une intruse dans ce nouveau milieu bien qu’elle ait tout fait pour quitter le sien.
Quant au 4e, je n’ai rien compris à la fin, parait-il, incroyable, extraordinaire, etc.
Le choix excellent des photos de couverture, particulièrement la première, et le titre français (qui n’est pas sans rappeler l’huile prodigieuse d’une marque bien connue) ont dû jouer un rôle dans ce succès.

Image : babelio.com
Image : babelio.com

Quant à Elena Ferrante, les Italiens, mais pas seulement, ont déployé des efforts extraordinaires, et même prodigieux, pour trouver qui se cache derrière ce pseudonyme.
Grâce à des informations financières et fiscales (!), les livres seraient l’oeuvre d’une traductrice de la maison d’édition, Anita Raja, 63 ans, traductrice de l’auteur Est-allemande Christa Wolf ou plutôt de son mari, Domenico Starnone, 74 ans . Il faut noter que Raja n’a résidé que très peu de temps à Naples dans sa toute petite enfance dont elle n’a pu garder aucun souvenir ayant quitté la ville à l’âge de deux ans,  alors que lui est natif de la ville. Ou peut-être même d’un collectif….. Il y aurait trop de ruptures de style au travers des livres. La publicité en a été trop astucieusement faite. Et les textes eux-mêmes habilement formatés pour être des best-sellers.

Ce qui est le plus étonnant au fond est le nombre d’articles générés par ce pseudonyme.
Peut-être que l’histoire était trop belle pour être vraiment autobiographique.
Peut-être que l’époque veut à tout prix de la (pseudo) transparence.
Peut-être que le pseudonyme fait trop écho à la grande Elsa Morante.
Ou c’est de la jalousie en raison du succès gigantesque des livres.

Certaines blogueuses ont adoré ces livres.
Vous les aimerez peut-être.
Vous pourrez les offrir.
Comme d’habitude, mon avis n’engage que moi!

Voir par exemple cet article.